Manifestations

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Rencontres, expos, chuchotements, spectacles, rumeurs, débats, claquements de mains, concerts, pieds qui marchent, images, festivals, rues... La candidature chemine au fil de manifestations culturelles auxquelles elle s’associe. Discrètes ou incontournables, dedans ou dehors, au centre ou dans les périphéries, ces propositions esquissent et entrent en résonance avec les grands thèmes du projet de Marseille Provence 2013.
A suivre au fil des semaines sur ce blog pour découvrir, se faire une idée, approfondir, commenter...

« Un art autrement avec la population »

Festival de Fantaisie Communicative

Les Pas Perdus et l’Art de Vivre ne se contentent pas de partager des locaux dans la Friche artistique du Comptoir de la Victorine à Marseille. Ces deux associations d’artistes ont surtout en commun le désir d’ancrer leur création au plus près des gens. Ils lancent leur Festival de Fantaisie Communicative. A nous d’être créateurs.

A écouter : La compagnie l’Art de Vivre et le collectif Les Pas Perdus proposent la 1ère édition du Festival de Fantaisie Communicative. Un reportage de Marc Voiry

 
icon for podpress  Le Festival de Fantaisie Communicative [23mn23]: Play Now | Play in Popup

Trois jours d’ouverture permanente, de 12h à sans doute tard dans la nuit, uniquement pour diffuser de l’art contemporain et ce dans (et surtout pour) le quartier le plus socialement défavorisé de Marseille ! Mais comment impliquer une population qui ne se sent pas particulièrement concernée par la création contemporaine ? « L’art, Autrement avec les habitants » ; le credo défendu par Les Pas Perdus et l’Art de Vivre est tout sauf élitiste. En effet, ces deux compagnies artistiques ne se considèrent pas comme des « Elus de l’art », chargés de prêcher la bonne parole de la démocratisation culturelle. Ce principe apparemment généreux consiste à élever le peuple vers l’excellence artistique, mais, se révèle finalement assez peu démocratique : il impose une hiérarchie a priori entre les rares détenteurs du bon goût et tous les autres. Prétendre maîtriser les clés du jugement esthétique devient alors un enjeu de pouvoir et de domination. Donc un moyen de sélection. L’art de Vivre et les Pas perdus ne se reconnaissent pas dans ce modèle : « Aujourd’hui, le tri sélectif sert de modèle, d’exemple à suivre. Il s’agirait en se débarrassant de l’inutile, d’arriver à l’essentiel (…) Le rapport ludique que nous entretenons avec le monde nous amène à vouloir nous confondre avec ce qu’il y a de plus commun, plutôt que de ressembler à ce qui se fait de plus singulier (…) Notre souci n’est pas ici pédagogique, formateur ou « social » mais profondément artistique, en recherche d’une expression sensible brute, ignorante des cadres des conventions et du bon usage de l’Art ».

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Recycler c’est métamorphoser

Metamorphoses 
“Métamorphoses” © Pino Pipitone.  

Frédéric Flamand, directeur du Ballet National de Marseille, crée les 23 et 24 mai, une pièce chorégraphique inspirée des Métamorphoses d’Ovide et réalisée avec Humberto et Fernando Campana, deux designers brésiliens mondialement réputés. Cette collaboration a été pour le chorégraphe l’occasion d’une rencontre fructueuse avec le milieu des arts plastiques. Elle se prolonge par toute une série de propositions avec des structures marseillaises autour de la thématique du recyclage.

A écouter : Frédéric Flamand, directeur du Ballet National de Marseille, nous parle des Métamorphoses d’Ovide et de la thématique du recyclage

 
icon for podpress  Interview de Frédéric Flamand par Célia Pascaud [10mn]: Play Now | Play in Popup
 

Au MAC, on peut ainsi découvrir une nouvelle présentation des collections à travers ce prisme du recyclage et des oeuvres des Nouveaux Réalistes et du Pop-Art, tandis qu’au Frac, c’est à une Traversée des apparences que nous convie la plasticienne Alice Anderson dans son exposition « Miroir Miroir ».

exposition au Frac 

Enfin, l’architecte et scénographe Patrick Bouchain (voir l’entretien avec Patrick Bouchain sur notre blog Cité sensible) est invité par l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture le 5 juin, pour répondre à la question « Recyclage et/ou réemploi ? ».

•Les Métamorphoses, 23 et 24 mai à 20h. Opéra de Marseille

•Exposition au FRAC à partir du 16 mai. Alice Anderson - MIROIR MIROIR – La traversée des apparences. 16 mai-5 juin 2008, FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur

•Deux programmes d’Otomo Yoshihide : Invisible Songs, 13 mai à 20h30 et Otomo Yoshihide Prisoner Soundtrack Live 14 mai - 20h30, au Grim - Montévidéo

•Patrick Bouchain : Recyclage et/ou réemploi? Le 5 juin à 20h au MAC

Style de ville

Marseille n’apparaît pas comme une ville très propice aux happenings, freeze et autres flash mob. Un territoire très cloisonné, très étendu, avec peu de véritables espaces de centralité ; un déficit d’étudiants et de « bobos » qui sont les publics privilégiés de ce type d’intervention, autant d’handicaps que Lieux Publics, Centre national de création des arts de la rue, va quand même tenter de surmonter. L’occasion également de peut-être réconcilier la dimension ludique et le besoin de faire sens.

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Engrenages

Entre les oreilles

   

La troisième édition d’Engrenages, manifestation sonore, radiophonique et urbaine organisée par Grenouille-Euphonia, offre des points d’écoute sur la ville… Comme autant de points de vue.

Entendre autrement l’espace urbain, pour le pratiquer autrement avec des ballades à vélo de Guillaume Beauron sur le principe du détournement de l’audio guide muséal ; une marche aveugle sur des sons de ville ou un Cinéma radioguidé par le collectif Ici-même [Grenoble] ; un pique-nique radio aux Pierres Plates en compagnies de créateurs sonores et de musiques actuelles (John Deneuve, Stéphane Massy, Philippe Petit, Collectif Mu, The Brain…) ; une pause au Kiosque à musique des Réformés, avec les collages documentaires de Café Verre… Engrenages s’immisce également dans les espaces « privés » (La Compagnie, Montévidéo, la Friche Belle de mai, le Théâtre du Merlan) pour proposer un art de l’écoute qui s’expose au gré de créations (Yannick Dauby, Emmanuelle Taurines, ARTE Radio, Gilbert Racina et Lucien Bertolina…).

Toutes ces formes sont le résultat de travaux accompagnés, produits ou co-produits par Grenouille-Euphonia (la radio, le studio de création, le projet dans son ensemble), souvent dans le cadre de résidences en plusieurs temps).

C’est dans ce cadre que le collectif Ici-Même [Grenoble] présentera deux formes d’exploration sensible de l’espace urbain : des concerts de sons de ville et un dispositif de cinéma radioguidé à travers les rues.

Pour lire la fin de l’article et découvrir les explorations urbaines du collectif Ici-Même, cliquez suite

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Prenez vos rêves pour la réalité…

Petit questionnaire pour une fresque-inventaire

Le Souk de la Parole est un fantaisiste village de Bambous dans lequel nos oreilles rencontrent les mots et les langues déliées d’acteurs, bonimenteurs, slameurs, conteurs, savants, poètes, musiciens…

Pour préparer la construction du souk, et en résonance aux thèmes du projet de Marseille Capitale européenne de la culture 2013, nous sommes tous invités par La compagnie Caracol et Lieux publics à répondre aux questions suivantes.

Les réponses seront la matière textuelle et sonore de trois artistes, Nicolas Diaz/peintre, Toni Casalonga/illustrateur et Faouzia Hilmi/calligraphe, qui en réaliseront une carte inédite, sorte d’inventaire de nos imaginaires liés à notre territoire.

Quelle langue aimez-vous écouter ?

Si vous deviez repeindre votre rue ou votre quartier, comment et avec quel motif ? 

Sur un coup de tête, vous prenez un billet d’avion. Pour quelle destination en Europe, en Méditerranée ? 

Dans quel endroit de Marseille accrocheriez-vous la Joconde ? 

Pour vous, quel est le voisin idéal ? 

Quel est le dernier mot que vous ayez appris ? 

Qu’est ce qui vous surprendrait le plus ?

Quand vous ouvrez votre fenêtre, quels sont vos bruits préférés, et ceux que vous détestez ?

Pourquoi, pourquoi… être venu, rester, partir ?

Pour répondre aux questions, vous pouvez écrire directement dans ce blog, via l’espace commentaire présent à la fin de cet article.

Mais vous pouvez aussi : 

Laisser un message sonore : 04 91 03 69 09

Ecrire une carte postale : Lieux publics / Souk de la parole - 16 rue Condorcet - 13016 Marseille

Envoyer un mail : souk@lieuxpublics.com

 

Le Souk de la parole s’installera Cours Estienne d’Orves à Marseille, du 30 mai au 1er juin.

Réclame

300 mètres chanteurs

Pour Lieux Publics, centre national de création des arts de la rue, Brigitte Cirla, Marianne Suner et Jean Tricot créent, le samedi 10 mai dans la rue Saint-Ferréol à Marseille, un concert avec 10 solistes et 200 choristes. A l’heure où les commerçants baissent le rideau, les voix réclament leur dû poétique…

« À l’heure où s’abattent un à un les rideaux de fer des magasins, s’envole une voix.
Une plainte lui répond.
Un chant tel un courant d’air est repris de bouche en bouche et s’enfuit jusqu’au bout de la rue.
Des porches et des vitrines gronde un charivari de claquements de doigts, un bastringue de clappements de bouche, un boucan de clapotages de joue.
Les voix se frottent, bruissent, sifflent, chuchotent, murmurent.
Une clameur monte de la Préfecture à la Bourse.
Une vague de réclames enfle jusqu’au tollé général.
De cette cacophonie jaillit ici un trio vocal raffiné qui vante les promesses d’un bonheur éternel, là, un duo en forme de sérénade s’étire en ondes resserrées d’un bout de la rue à l’autre. »

A écouter : Un avant-goût de Réclame par Célia Pascaud

 
icon for podpress  La répétition du spectacle Réclame rue Saint-Ferréol [3mn49]: Play Now | Play in Popup
 

Rencontre avec Brigitte Cirla, directrice artistique des Voix Polyphoniques:

Fred Kahn : Lieux Publics vous a passé commande d’une œuvre musicale pour la rue Saint-Ferréol ? Comment répondre à ce type de défi ?

Brigitte Cirla : Je ne suis pas une artiste de l’espace public. Mais depuis cinq ans, je réponds à ce type de sollicitation. Ce qui me plaît dans la commande, c’est la contrainte. Plus elle est forte, plus je suis obligée de trouver des réponses adaptées. En ce qui concerne la rue Saint-Ferréol, ma première préoccupation concernait la sonorisation de l’espace. Je ne voulais pas utiliser des sons amplifiés, donc la force de l’écriture devait amener les gens au silence. L’émotion devait être suffisamment forte pour forcer l’écoute. Je réalise des spectacles de chambre pour l’espace public; une musique qui est à portée d’oreille humaine. L’espace public a priori n’est pas configuré comme un espace fermé, à moins de le rendre résonnant. J’aime bien recréer dans la rue un rapport d’écoute intime et intérieure.

 

F. K. : La voix permet d’instaurer cette relation ?

B. C. : La voix est à la fois l’instrument et le musicien. Elle porte une émotion très forte. Les expressions théâtrale et musicale sont indissociables. A travers la voix on s’adresse directement aux gens. Mais c’est aussi un instrument extrêmement fragile.

 

F. K. : Le spectacle s’appelle Réclame. Ce titre renvoie directement à la fonction commerciale de la rue Saint-Ferréol.

B. C. : Je me suis mis à la place d’un spectateur qui arpente cette rue. Il voit des vitrines et lit des inscriptions publicitaires. Nous sommes donc partis de tous ces slogans qui parlent de la vie et de l’argent. Ce n’est pas qu’une entreprise de détournement de la publicité, un simple clin d’œil. Je voulais réellement faire de la musique et utiliser ces phrases comme des supports poétiques. Mais avec les deux compositeurs, Marianne Suner et Jean Tricot, on a vite ressenti le besoin d’instaurer un autre fil rouge. Je voulais m’appuyer sur un matériau qui procède de l’imaginaire collectif. Une chanson de Barbara « Dis quand reviendras-tu ? » s’est imposée comme une évidence. Nous avons utilisé des phrases de cette chanson comme une espèce de refrain de la pièce musicale. Finalement, alors que nous voulions proposer un spectacle festif et joyeux, nous avons écrit quelque chose d’assez nostalgique.

 

F. K. : Un espace très vaste, non amplifié, avec comme seul instrument la voix, cela implique beaucoup d’interprètes ?

B. C. : Il y aura 10 solistes et 200 choristes sur 200 mètres de rue. Nous voulions que les chanteurs donnent réellement de la voix, qu’ils ne se cachent pas dans la masse. Ils ont vraiment quelque chose à défendre. Nous allons faire entendre de la musique du XXIe siècle et non du XXe siècle. Elle n’est pas construite sur les harmonies majeures que les gens ont l’habitude d’entendre. Nous avons créé trois espaces dans la rue. Le spectateur peut déambuler, il peut aussi être entre deux espaces qui ne produisent pas le même chant. Nous avons pensé à toutes les configurations et nous avons intégré le temps de circulation du son. J’ai aussi été vigilante à la dimension visuelle. Je surélève les choristes. Quand on voit les gens chanter, on comprend mieux ce qu’ils chantent. Je travaille également avec une costumière, Virginie Bréger. En s’inspirant des textes du spectacle, elle a réalisé des chapeaux pour tout les intervenants…

 

F. K. : Qu’apporte en plus l’espace public et qu’enlève-t-il ?

B. C. : L’espace public est un spectacle en soi pour celui qui joue dedans. Les décors naturels sont souvent impressionnants. Et puis l’artiste voit le public. Quant à la pièce, elle doit être obligatoirement pensée en fonction de ce contexte spécifique. Réclame a été écrit pour la résonance particulière de la rue Saint-Ferréol. Je ne sais pas si ailleurs, cette œuvre ferait sens. Par contre, l’espace public diminue la qualité d’écoute. Les bruits parasites sont très nombreux. On est bien obligé d’intégrer ces bruits. Le son est souvent problématique dans les spectacles de rue, il n’est pas toujours traité avec suffisamment d’attention.

Propos recueillis par Fred Kahn pour Blog 2.013

 

Réclame le 10 mai, rue Saint-Ferréol. A 19h 30 et 20h 15.

Renseignements : 04 91 03 81 28

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